Santé Troubles du Comportement Alimentaire

Réflexions actualisées sur la médecine et les troubles du comportement alimentaire : obésité, anorexie et boulimie

15 janvier 2009

la maigreur extrait blog mathieu doumenge

Loin des diktats actuels de la minceur, il existe des gens dont le malheur est de ne PAS arriver à prendre de poids. Comment identifiez-vous les personnes qui souffrent de ce problème ?

Pour ne pas tout confondre, il me parait essentiel de bien définir les choses : la maigreur est quelque chose de subjectif puisque le squelette de base est plus ou moins lourd selon les individus. Il en existe une définition médicale : indice de masse corporelle (poids en kilos / taille en mètre) inférieur à 18. Le monde médical distingue les causes physiologiques, les causes psychologiques et les causes constitutionnelles à l’état de maigreur. Il convient avant toute chose de savoir dans quel cadre on se situe pour proposer une prise en charge adaptée, et rassurer la personne.
La minceur ne préjuge pas d’un état de santé altéré si on est en pleine forme : dans certaines familles on a tendance à être maigre tandis que dans d’autres on est enveloppé. Chez une femme, la minceur n’est pas pathologique tant qu’elle continue à être réglée.

Il faut bien différencier les trois types de maigreur :
• Les maigreurs d’origine psychogène qui se révèlent à un moment donné de la vie (= toujours acquises), qui concernent à 90% les femmes, qui sont liées à des restrictions alimentaires psychologiques, à une hyperactivité (pour dépenser plus) ; le plus souvent les personnes touchées par cette maladie sont dans le déni et ne recourent pas à une aide médicale.
• Les maigreurs d’origine organique, c'est-à-dire liées à un dérèglement d’organes (pathologies endocriniennes, générales, infectieuses, inflammatoires…) : là encore, il existe une cassure avec l’état antérieur puisque la cause est acquise, il existe le plus souvent d’autres symptômes qui conduisent à une prise en charge médicale.
• Les maigreurs constitutionnelles, qui correspondent à un état de base, inné, avec une dépense calorique de base plus élevée que la moyenne. Il s’agit là d’un état normal, sans obsessions pour maigrir ni symptômes associés, ni anomalie hormonale ; il s’agit de personnes qui spontanément ont un appétit plus important que les autres (pour combler cette dépense énergétique de base augmentée), mais qui restent maigre. Ce sont ces personnes là qui souhaitent prendre du poids souvent sans succès. Elles ne recourent pas ou peu au monde médical puisqu’il n’y a pas de pathologie sous jacente, néanmoins, souvent inquiètes de cette maigreur contre laquelle elles ne peuvent rien et du fait de la méconnaissance de cette variante de la normale dénommée "maigreur constitutionnelle", elles réalisent un "bilan" avec leur médecin traitant pour éliminer une autre cause de maigreur. Il n’y a donc pas de chiffres quant aux nombres de personnes concernées. Il semblerait néanmoins qu’il s’agisse plus d’hommes que de femmes, et que ces personnes souffrent de ne pas être prises au sérieux et de l’incompréhension du monde environnant.
Je ne parlerai désormais que des personnes souffrant de maigreur constitutionnelle, car les autres concernent des pathologies qui doivent être soignées de façon appropriée pour espérer prendre du poids et ne pas altérer l’état général.
La cause majeure de la difficulté à prendre du poids est inhérente à l’individu : il s’agit d’un état de base, naturel de dépense énergétique élevée.
D’autres facteurs peuvent contribuer à cette difficulté à prendre du poids : des troubles digestifs, des allergies alimentaires, des maladies intercurrentes, mais ces causes là font passer relativement vite dans la catégorie maigreur pathologique…

Posté par berges 68 à 10:31 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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